Les qualités nécessaires pour réussir en bourse

Plusieurs de nos lecteurs nous ont fait part de questions relatives à la psychologie de l’investisseur, aux qualités requises, aux connaissances nécessaires pour gagner en bourse… Les profils des investisseurs à succès sont diverses et variés, mais des traits dominants et communs à un très grand nombre d’entre eux se dégagent pourtant. Nous avons essayé de les identifier pour dresser un portrait-robot de l’investisseur à succès à travers un certain nombre de questions que se posent beaucoup des investisseurs particuliers. L’exercice n’est jamais parfait, il ne peut être exhaustif, mais il sert néanmoins à identifier les marqueurs les plus importants.

I. L’investisseur à succès doit-il être un expert en finance et en économie ?

Non.

Les connaissances basiques sont essentielles certes, mais l’expertise peut être à double tranchant.  Pour parvenir à réaliser une analyse de qualité, il est évidemment nécessaire d’avoir des bases en finance et en économie. Ces connaissances nous permettent d’apprécier la performance passée, de tenter d’anticiper les évolutions futures et d’estimer la probabilité de leur réalisation.  Nous parlons de probabilité car il n’existe aucune certitude en bourse. La crise actuelle que personne n’avait vu venir est un parfait exemple de cette inexorable incertitude. Il est donc nécessaire d’avoir un certain nombre de connaissances pour pouvoir analyser ce que vous achetez. Mais il n’y a aucune fatalité. Si vous estimez que vos connaissances en matière de finance sont limitées, il suffit d’investir dans une bonne formation pour acquérir ces connaissances. Un bac +8 est loin d’être nécessaire. Un excès en matière d’expertise peut même s’avérer être à double tranchant. Un expert a tendance à « sur-analyser » certains aspects et d’oublier de faire confiance à son instinct. Il ne faut pas oublier que l’investissement en bourse est davantage un art… qu’une science. Plusieurs exemples prouvent que de très grands experts peuvent se tromper et que la cause principale qui les conduit à la catastrophe est intimement corrélée à leur expertise excessive.

L’exemple LTCM :

L’exemple le plus fascinant à notre avis est celui de Long Term Capital Management, l’un des plus grands hedge funds. En termes d’expertises, LTCM est probablement la Dream Team de la finance de la fin du vingtième siècle. Jugez par vous-même : 16 experts. Des diplômés du MIT, des anciens et professeurs à Harvard et LSE, un ancien vice-président de la FED et même 2 futurs prix Nobel ! Warren Buffett disait qu’il n’y avait jamais eu autant d’experts dans un même domaine réuni au même endroit, y compris à la FED. Et pourtant, LTCM a fait faillite, 4 petites années après son lancement.

La cause ? Ce groupe d’experts a élaboré des modèles mathématiques ultra-complexes pour faire des arbitrages. Etant trop confiants dans leurs expertises, ils ont rajouté à leurs modèles un effet de levier extrêmement important et qui, à la première secousse, a fait écrouler tout ce qu’ils avaient entrepris… 

Warren Buffett expliquant lors d'une conférence le cas LTCM

Des connaissances basiques sont incontournables mais largement suffisantes. Le plus important est de garder les choses simples. Rappelez vous toujours du principe KISS (Keep It Simple, Stupid !).

L'histoire et la philosophie préparent mieux à la bourse que les statistiques. Investir est un art, pas une science.

P.Lynch

II. L’investisseur à succès est-il doté d’une intelligence rare ?

Non.

L’intelligence ne se résume pas à un seul trait, elle est vaste et possède plusieurs strates. Les deux sur lesquels nous nous attarderons sont l’intelligence logico-mathématique et l’intelligence émotionnelle. Pour la première catégorie, celle qui est souvent mesurée par le QI, elle est loin d’être essentielle, elle peut même constituer un frein au succès en bourse. Warren Buffett disait qu’investir n’est pas un jeu dans lequel le gars qui a un QI de 160 bat forcément, celui qui a un QI de 130. Certains génies sont d’ailleurs très souvent handicapés par leur tendance naturelle à trop intellectualiser et théoriser quelque chose qui évolue de manière assez simple finalement. Remarquez également que Buffett n’a pas dit non plus un gars avec un QI de 80…. Il en faut tout de même assez pour être en mesure de construire une thèse d’investissement raisonnable.

La véritable clé du succès, celle qui sépare les très bons investisseurs des médiocres, réside indéniablement dans un autre type d’intelligence : l’intelligence émotionnelle.  S’il existe une qualité commune à l’intégralité des investisseurs à succès, c’est leur capacité à maitriser leurs émotions et rester insensible face à toutes les situations. Rester humble face à un marché qui vous est favorable et stoïque face à des conditions de chute vertigineuse. Cela peut paraître simple, mais pour y parvenir, il faut effectuer un travail conséquent sur soi. C’est grâce à cette maitrise des émotions que se démarquent les meilleurs investisseurs et c’est certainement le critère le plus important pour réussir en bourse. Mais malheureusement, aucune formation ou lecture en finance ne peut forger un tel caractère. Seule l’expérience peut nous aider à atteindre cet objectif. Au fil des ans et des cycles économiques, nous découvrons nos traits de caractères et nous travaillons à les améliorer. Tout le monde pense pouvoir supporter une baisse de 50% de son portefeuille pendant des années sans broncher…. Jusqu’au jour où cela se produit réellement et que l’on découvre le sentiment de frustration profonde, parfois même la déprime, qui vont guider nos réactions face à cette situation et qui provoqueront les pires erreurs.

Je n’ai encore jamais vu de corrélation entre l’intelligence et du bon trading. L’aspect émotionnel est bien plus important.

William Eckhardt

III. L’investisseur à succès doit-il être doté d’une audace à toute épreuve ?

Oui et non.

Si par audace on entend le sens premier du mot, c’est-à-dire : une volonté de faire les choses malgré les risques, la réponse est dans ce cas négative. Un investisseur à succès doit être conscient des risques et agir en conséquence pour les minimiser et les maitriser.

Si par audace, on entend la capacité à aller de l’avant, à prendre des décisions et de les assumer même si elles conduisent à commettre certaines erreurs, alors dans ce cas la réponse est largement positive. Cette audace-là conduit souvent au succès à condition qu’elles soient construites sur une réflexion solide.

  • Avoir de l’audace est nécessaire, mais attention à ne pas tomber dans l’entêtement.

L’art d’être tantôt très audacieux et tantôt très prudent est l’art de réussir.

Napoléon Bonaparte

IV. L’investisseur à succès a-t-il une méthodologie particulière pour gagner en bourse ?

Oui et non.

Trend Following à moyen et long terme, purement fondamental, investissement value ou growth… Les approches sont nombreuses et aucune n’est infaillible. Certaines méthodes ont fait leurs preuves dans le passé, d’autres un peu moins. Nous ne porterons aucun jugement sur aucun style d’investissement. Et étant donné qu’aucune méthode ne fonctionne à 100%, il convient pour l’investisseur de trouver celle qui correspond le mieux à sa personnalité.   

Un trader qui cherche de l’action et de l’adrénaline au quotidien va trouver son bonheur dans le trading à court terme.

Un autre trader qui ne veut pas passer ses journées derrière un écran à surveiller des cours minutes après minutes va opter pour le Trend Following. Après tout, il sait, et à juste titre, qu’à long terme, le marché récompense les bons dossiers. Un trend haussier long terme ne peut être le fruit d’un phénomène uniquement spéculatif. Il y a forcément une raison « solide » qui soutient une dynamique assez longue. Dans ces circonstances, il suffit de se laisser porter par cette tendance, de travailler ses graphiques quelques heures par semaines et de profiter de la vie.

Un autre type d’investisseur long-terme va être attiré par le business en lui-même. Nous appartenons à cette catégorie. Celle qui regroupe les investisseurs qui sont passionnés par l’entrepreneuriat. Nous nous définissons, tous les deux, comme des investisseurs-entrepreneurs. Lorsque nous investissons dans une entreprise, c’est que nous sommes attirés par l’aventure entrepreneuriale que propose ses dirigeants. Une fois entrés au capital (même à un minuscule niveau), nous continuons à suivre le dossier pendant plusieurs années et embarquons ainsi indirectement dans une aventure entrepreneuriale, sans avoir à gérer l’opérationnel au quotidien. C’est ainsi que nous le percevons. Ce n’est certainement pas la meilleure méthode dans l’absolu, mais c’est la meilleure méthode au vu de nos personnalités respectives. Elle nous permet de conserver une certaine discipline qui nous aide à résister psychologiquement face aux caprices du marché à court terme. Par ailleurs, nous travaillons au quotidien à améliorer le principal risque d’une telle approche, à savoir tomber amoureux du dossier.

  • La meilleure approche pour l’investisseur est celle qui correspond le mieux à son tempérament. Et le plus grand danger est de se mentir à soi-même. Affirmer qu’on est un investisseur long terme alors que le relevé du courtier montre une activité d’un day trader est la voie royale pour un échec assuré.

Connais-toi toi-même.

Socrate

Une connaissance des bases, un minimum d’intelligence et un peu d’audace doivent être au service d’un process clair. Et tout cela ne peut fonctionner que si le process et la personnalité (intelligence émotionnelle) de l’investisseur sont alignés. Il ne sert à rien d’opter pour un « style d’investissement » qui a fait ses preuves si le tempérament de l’investisseur n’est pas taillé pour.

Quelles sont les principales qualités d’investisseur à succès ?

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