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Free cash flow (FCF) : définition, formule et interprétation

Le Free Cash Flow est l’un des indicateurs les plus utilisés par les investisseurs pour juger la santé d’une entreprise et la valoriser. Un incontournable qu’il faut bien comprendre pour maitriser l’une des principales clés pour réussir ses investissements en bourse : acheter la bonne action au bon prix !

Définition du Free Cash Flow :

Le Free Cash Flow (FCF), flux de trésorerie disponible en français, est un agrégat financier qui mesure la performance financière d’une entreprise. Il indique la quantité de cash disponible pour l’entreprise après avoir pris en compte les dépenses liées à son exploitation et les investissements nécessaires pour qu’elle puisse maintenir ou développer son outil de production. Il représente donc le cash final à la disposition de l’entreprise qu’elle peut utiliser pour : i) récompenser ses actionnaires sous forme de dividendes ou de rachats d’actions, ii) rembourser sa dette par anticipation si elle le souhaite ou iii) le conserver en réserve pour d’éventuels projets de croissance à venir.

Le Free Cash Flow (FCF) est une mesure importante de la santé financière de l’entreprise. Il montre si l’entreprise parvient à générer suffisamment de cash pour couvrir à la fois ses besoins d’exploitation et d’investissements. En bourse, il est également un outil de valorisation particulièrement pertinent.

Formule du Free Cash Flow :

Il existe deux manières de calculer les Free Cash Flows et ce selon la source d’information. Mais les deux formules sont en réalité similaires en tout point.

1- Sur base du compte de résultat et du bilan :

La première formule du Free Cash Flow se présente comme suit :

Free Cash Flow (FCF) = ROP x (1-IS) + DAP – (Var BFR + Inv)

Où :

  • ROP : Résultat opérationnel de l’entreprise (dans le compte de résultat)
  • IS : Taux de l’impôt dur les sociétés
  • DAP : Dotation aux amortissements et aux provisions (dans le compte de résultat)
  • Var BFR : Variation du BFR (dans le bilan)
  • Inv : Investissements nets réalisés (dans le bilan)

2 - Sur base du tableau de flux de trésorerie

La deuxième formule du Free Cash Flow se présente comme suit :

Free Cash Flow (FCF) = Capacité d’autofinancement – Var BFR – Flux de trésorerie d’investissement

Où :

  • La CAF (Capacité d’autofinancement), la variation du BFR et les flux de trésorerie d’investissement sont clairement indiqués dans les tableaux de flux de trésorerie

💡 Bon à savoir : Vous n’aurez pas à calculer réellement les Free Cash Flows d’une entreprise cotée en bourse. L’information est disponible dans les rapports annuels mais aussi dans la majorité des sites boursiers comme Yahoo Finance ou Zonebourse.

Interprétation des Free Cash Flows :

En bourse, le Free Cash Flow doit être interprété de deux manières.

1 – Interprétation du Free Cash Flow dans l’absolu :

La première lecture à avoir sur le niveau de Free Cash Flow dégagé par une entreprise est une lecture absolue. Son niveau en lui-même est riche en informations.

• Un Free Cash Flow (FCF) positif

Il indique que l’entreprise est en mesure de générer suffisamment de trésorerie pour financer ses activités et ses projets à long terme et/ou rémunérer sainement ses actionnaires.

Voici un exemple d’une entreprise en situation de Free Cash Flow positif.

Free Cash Flow exemple

(1) La capacité d’autofinancement est communiquée dans le tableau de flux de trésorerie. Elle correspond au Résultat net auquel on ajoute les dotations aux amortissements et provisions. L’idée est d’obtenir le cash réellement généré sur l’année en enlevant les éléments qui baissent le résultat net mais qui ne correspondent pas à des sorties de cash réelles.  Dans l’exemple ci-dessus, la CAF de l’entreprise est excédentaire, l’entreprise génère sur l’année 80 M€.

(2) Dans notre exemple les besoins en fonds de roulement (BFR) de notre entreprise ont augmenté sur l’exercice de 15 M€. Cela veut dire que l’entreprise a dû utiliser 15 M€ de cash supplémentaire par rapport à l’exercice précédent pour financer : l’augmentation de ses créances et/ou de ses stocks et/ou la baisse des délais de paiements de ses fournisseurs…

(3) et (4) Dans notre exemple, l’entreprise a investi 10 M€ sur l’année en immobilisations (achat de machines, de matériel, de construction, de titres financiers…) et a cédé pour 1 M€ d’immobilisations. En net, elle a consommé sur l’année 9 M€ de cash pour ses investissements.  

(5) L’entreprise ressort in fine avec un excédent de cash de +56 M€, son Free Cash Flow, qu’elle choisira d’allouer soit i) à la rémunération de ses actionnaires ou ii) au remboursement de ses dettes anticipativement ou iii) au financement de projets d’investissements à venir en fonction des choix stratégiques de son management.

• Un Free Cash Flow (FCF) négatif

Il indique qu’une entreprise ne génère pas assez de cash pour couvrir ses dépenses et ses besoins d’investissements. Autrement dit, sa capacité d’autofinancement ne permet pas de couvrir la variation de son besoin en fonds de roulement et ses investissements opérés sur l’année.  Dans ce type de situation, l’entreprise a un déficit qu’elle est dans l’obligation de combler soit i) en puisant dans ses réserves de trésorerie si elle en dispose, ii) en s’endettant ou ii) en procédant à une augmentation de capital (émission de nouvelles actions sur le marché). Ce type de situation peut être observé dans des entreprises en forte croissance (leur activité et les besoins en investissements grandissent à plus grande vitesse que la capacité de l’activité à générer du cash) ou dans des entreprises en grande difficulté structurelle, dont l’activité ne parvient pas à combler des dépenses de plus en plus grandes.   

• Chaque composant du FCF doit être scruté.

Un FCF positif ne veut pas forcément dire que l’entreprise va prospérer à l’avenir. Cela peut également indiquer qu’elle est en phase de maturité avancée, voire de déclin. Si l’entreprise diminue d’année en année ses investissements du fait du déclin de son marché mais qu’elle récolte encore le fruit de ses investissements antérieurs, son FCF sera largement positif mais sa pérennité est toutefois menacée. Il s’agit là d’un véritable point d’attention. Il ne faut pas arrêter l‘analyse au seul fait que le FCF est positif ou négatif. Il est nécessaire de bien comprendre pourquoi il l’est.

2 – Interprétation du Free Cash Flow de manière relative

Le Free Cash Flow doit être également apprécié de manière relative.

• Par rapport à ses propres niveaux précédents

il est important lorsqu’on analyse une entreprise de regarder l’évolution de son Free Cash flow dans le temps. La dynamique du FCF peut nous donner beaucoup d’informations sur le cycle économique dans lequel se trouve l’entreprise, si il lui arrive de subir des pertes de vitesses passagères, si elle a entamé une nouvelle phase de croissance ou si au contraire elle est en déclin. Tous ces éléments et bien d’autres encore peuvent être relevés par une analyse de l’évolution du FCF et de ses composants.

• Par rapport à d’autres agrégats :

si on dit qu’une entreprise A génère un FCF de 100 M€ et qu’une entreprise B génère seulement 20 M€. Peut-on déjà conclure que A est une meilleure affaire que B ? Absolument pas ! Pour pouvoir comparer de manière pertinente deux entreprises, il faut rapporter le Free Cash Flow à d’autres agrégats : le chiffre d’affaires, la valeur d’entreprise, le total actif, etc.  

Utilité des Free Cash Flow en matière de valorisation :

Comme évoqué dans les précédents points de cet article, le Free Cash Flow présente une vision réelle de la performance financière de l’entreprise. Contrairement au Résultat net, il n’est pas biaisé par des jeux d’écritures comptables. Il est donc particulièrement intéressant à utiliser en matière de valorisation car il mesure efficacement la capacité de l’entreprise à créer de la valeur pour ses actionnaires.  Il peut être utilisé :

• Pour calculer des multiples de valorisation :

en rapportant par exemple le FCF à la valeur d’entreprise, on obtient un multiple de valorisation particulièrement intéressant : le FCF yield %, où le rendement du Free Cash Flow. C’est un ratio très utile au même titre que le VE/EBIT ou le PER . Pour certaines entreprises matures dont le FCF n’est pas masqué par des investissements de croissance importants, c’est même LE ratio à considérer (le cas de LVMH par exemple). 

• Pour calculer un DCF (Discounted Cash Flows) :

la méthode de valorisation du DCF est sans doute la méthode la plus communément utilisée par les analystes financiers. « Discounted Cash Flow » signifie « Flux de Trésorerie Actualisé » en français. La méthode repose quasi intégralement sur les Free Cash Flows. Le DCF est un modèle d’évaluation d’entreprise qui utilise les futurs flux de trésorerie prévus de l’entreprise pour déterminer sa valeur actuelle. Il consiste à prévoir ces futurs FCF puis, à les actualiser en utilisant un taux d’actualisation censé refléter le temps et le risque associés à ces flux de trésorerie. L’étape finale de la méthode est de les additionner pour obtenir la valeur actuelle de l’entreprise.

Conclusion

Le Free Cash Flow est un indicateur financier clé qu’il est essentiel de maitriser si on investit en bourse. Il est l’une des clés de l’analyse fondamentale. Il indique de manière factuelle si l’activité de l’entreprise est en mesure de couvrir tous ses besoins tout en générant un excédant qui, en soi, est une création de richesse pour les actionnaires. Il est également très utile à maitriser pour comparer le prix réel des actions des entreprises (en matière de valorisation). A lui seul, il ne peut nous indiquer si on est en face d’un bon investissement ou pas. Mais il nous aide à mieux comprendre l’entreprise et à se poser les bonnes questions.

Tous les investisseurs professionnels utilisent cet indicateur. Warren Buffett, par exemple, le considère comme étant un indicateur clé de la santé financière d’une entreprise et de sa capacité à générer de la valeur pour ses actionnaires.

« Le Free Cash Flow est le pouvoir réel d’une entreprise, c’est ce qui lui permet de s’autofinancer, de rembourser ses dettes, de payer des dividendes et d’investir dans de nouvelles opportunités. Si vous ne comprenez pas le Free Cash Flow d’une entreprise, vous ne comprenez pas l’entreprise elle-même ». Warren Buffett

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5 commentaires sur “Free cash flow (FCF) : définition, formule et interprétation”

  1. Hello Masterbourse un article Masterclass qui m a permis de réviser en quelques minutes des fondamentaux essentiels dont on a tendance à oublier certains aspects ! Merci beaucoup ! Moi qui travaille dans la banque ça mériterait même d intégrer certains manuels d analyse fi 👏

  2. Bonjour Youssef
    Pk dans la formule intègre t on les DAP alors que ce sont uniquement des écritures comptables et qu’ils n’y a pas de sorti de mouvements trésorerie

    1. L'équipe MasterBourse

      Bonjour Franck,

      Le principe ici est d’éliminer l’impact des charges comptables qui sont censées représenter les investissements pour les remplacer par justement les investissements, les vrais.
      Comme nous les avons déduites pour calculer le résultat opérationnel, il faut les réintégrer pour déduire les vrais investissements.

      Voici un exemple visuel qui sera probablement plus parlant :

      FCF

      PS : ici j’ai mis de coté les impôts sur les bénéfices. L’idée est de montrer la logique d’addition des DAP et soustraction des investissements.

      Dans cet exemple, on a un CA = 100 / des charges d’exploitation = 50 / DAP = 20
      ROP = 100 – 50 – 20 = 30

      Pour remplacer les DAP par les investissements, on doit les rajouter comme suit :
      (ROP + 20) – 30 = 20

      J’espère que c’est plus clair.

      Bon week-end
      Youssef

      1. Merci bcp !! Bcp plus clair dorénavant 🙂

        Dernière question
        Étant abonné à ZB je voulais savoir si l’onglet finance était mis à jour avec les dernières publications ?

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